Transformation bâti existant en commerce
Programme | Réconstruction d’une grange en habilitation
Lieu | Fontanges, Cantal (15)
Etat | Chantier en cours
Maîtrise d’ouvrage | Privée
Superficie | 240 m²
Budget | –
Photographies | Guy-Joël Olivier
La transformation de cette grange en habitation s’inscrit dans une volonté affirmée de révéler le volume, les matériaux et l’implantation d’origine du bâti. Implanté à flanc de pente, le bâtiment entretient un rapport étroit avec une topographie marquée, faite de remblais, de murs de soutènement et de niveaux successifs. Le projet s’appuie sur cette géographie singulière pour organiser les usages et construire une relation sensible au paysage.
Les intentions architecturales proposent une lecture contemporaine des éléments vernaculaires, venant se superposer avec justesse aux composantes traditionnelles existantes. Le projet s’attache à restituer fidèlement la morphologie, le gabarit et l’implantation de la grange d’origine, afin d’en préserver la présence dans le paysage et la mémoire constructive. Les espaces de vie prennent place au niveau haut, sous une charpente apparente, pour magnifier la générosité du volume et ouvrir largement le regard vers la vallée.
Les études structurelles et géotechniques menées en amont du projet ont toutefois révélé des fragilités majeures du bâti existant : absence de fondations, instabilité des murs porteurs, désordres accentués par les mouvements du terrain et par l’effondrement partiel d’ouvrages de soutènement. Ces constats ont mis en évidence l’impossibilité de conserver l’édifice en l’état sans compromettre durablement sa pérennité et la sécurité des futurs occupants. La démarche engagée relève ainsi d’une reconstruction attentive, rendue nécessaire pour garantir la stabilité de l’ouvrage, tout en restituant fidèlement l’esprit, les proportions et l’implantation du bâtiment d’origine. Il s’agit moins de remplacer que de prolonger la vie du lieu, en lui offrant une nouvelle existence durable, ancrée dans son site.
À l’est, l’extension, dont la toiture-terrasse sera enherbée, s’inscrit dans l’épaisseur du terrain, en lieu et place du volume de terre de la montade, ancien accès haut à la grange. Elle prolonge naturellement la pente et se fond dans le relief. À l’ouest, un jeu de terrasses accompagne la déclivité du site et prolonge le bâtiment vers le paysage, réinterprétant le principe du remblai et de son grand mur de soutènement en pierre sèche sur lequel le bâti originel s’ancre.
Les ouvertures du rez-de-chaussée, côté ouest, adoptent une écriture sobre et répétitive : jambages en pierre retournée, linteaux en béton bouchardé. Sur le pignon sud, leur morphologie s’inspire directement des portes d’étable. Les encadrements en béton suggèrent la matérialité intérieure, tandis que le dessin des ébrasements et des menuiseries enrichit l’usage et la relation au paysage.
Les chiens-assis créés sur le pan ouest de la toiture répondent en volume à l’ouverture en pierre existante sur le pan est, offrant des vues dégagées sur la vallée et instaurant une traversée lumineuse du volume habité. La couverture en cuivre, appelée à s’oxyder avec le temps, apportera des variations subtiles de nuances et de matière aux grands pans de toiture, inscrivant le projet dans une temporalité longue, en dialogue avec son environnement.
Entre conservation, adaptation et reconstruction, le projet cherche un équilibre juste entre héritage et contemporanéité. En s’appuyant sur la topographie, la mémoire du lieu et les formes du bâti rural, il propose une réinterprétation sensible de la grange, non comme un objet figé, mais comme une architecture vivante, capable de traverser le temps et d’accueillir de nouveaux usages sans renier son origine.
