Réhabilitation d’une dépendance

Programme | Transformation d’une dépendance en habitation

Lieu | Aurillac, Cantal (15) 

Etat | Livrée en février 2023

Maîtrise d’ouvrage | Privée

Superficie | 116 m² 

Budget | –

Photographies | Guy-Joël Olivier (1 à 4)

Située rue du Château de Saint-Étienne à Aurillac, cette dépendance ancienne fait l’objet d’un projet de réhabilitation visant à préserver le caractère patrimonial du bâti tout en le préparant à de nouveaux usages. L’intervention porte exclusivement sur ce bâtiment annexe, en façade sur rue, aujourd’hui fragilisé par le temps et les intempéries.

Le projet naît d’un constat : une couverture en mauvais état, source d’infiltrations, mettant en péril la structure existante. La réhabilitation engagée permet ainsi de sécuriser, renforcer et pérenniser le bâtiment, tout en améliorant sa lecture architecturale et son rapport à la rue.

Un élément majeur du projet réside dans la conservation de la charpente existante, remarquable par sa mise en œuvre à la Philibert Delorme. Peu courante, cette charpente témoigne d’un savoir-faire ancien et constitue une pièce patrimoniale forte du bâtiment. Le projet fait le choix de la préserver et de la renforcer, affirmant une démarche respectueuse de l’existant et de son histoire, tout en assurant sa pérennité structurelle.

L’intervention principale concerne la réfection complète de la toiture, avec le remplacement de l’ensemble de la couverture par des tuiles écailles rouges, en cohérence avec le contexte urbain et l’écriture architecturale du lieu. 

Les chiens-assis côté rue font l’objet d’un travail spécifique : leurs dimensions ont été recomposées et agrandies afin d’optimiser les apports de lumière naturelle dans les combles. Leur implantation et leurs proportions ont été soigneusement étudiées pour s’inscrire dans une composition de façade plus équilibrée et lisible, en dialogue avec les porches existants.

La façade sur rue est entièrement reprise avec un enduit traditionnel à la chaux, permettant de retrouver une matérialité sobre et pérenne, en adéquation avec le bâti ancien. Cette réécriture de la façade participe à l’unification de l’ensemble et à la mise en valeur des éléments architecturaux existants.

Un nouveau porche d’accès est créé au rez-de-chaussée, reprenant les proportions du porche historique tout en l’adaptant aux usages actuels. Son encadrement en béton bouchardé évoque la pierre et s’inscrit dans une continuité matérielle avec l’existant. Deux grands portails en chêne massif viennent compléter la façade. Leur dessin intègre une claire-voie en partie haute, permettant le passage de la lumière tout en conservant une présence affirmée et une relation maîtrisée avec l’espace public.

Les choix de matériaux participent à une écriture volontairement sobre et durable : bois massif laissé brut, serrurerie de teinte gris anthracite, éléments sans artifice afin de laisser s’exprimer la matière. L’ensemble compose une architecture discrète, lisible et contemporaine, respectueuse du bâti ancien.

Pensé comme une livraison volontairement « brute », le projet anticipe néanmoins une évolutivité future, permettant à terme une reconversion en logement. Cette réhabilitation affirme ainsi une vision durable de l’architecture : réparer, révéler et préparer l’existant, plutôt que le transformer radicalement

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